Mardi soir, 18h. Malgré une pluie diluvienne et des coups de tonnerre dignes d’un scénario catastrophe, nous nous orientons grâce aux panneaux et affiches « Osons Ici et Maintenant » et « FabriK à DécliK », et pénétrons enfin dans l’Ecole Santé Social Sud-Est (ESSSE).

A l’intérieur, l’ambiance est au beau fixe : une multitude de jeunes grouille, braille et palabre dans le hall d’accueil et les pièces attenantes. Ils ont tous autour du cou un cordon bleu au bout duquel pend un carré de carton avec écrit leur nom – ou plutôt leur sobriquet – et le parcours auquel ils se sont inscrits. Théâtre d’improvisation, cuisine collective, sport autrement, entrepreneuriat social, intelligence collective, leadership participatif : il y en a pour tous les goûts.

Quelques minutes encore et nous voilà tous dirigés vers l’amphithéâtre, grande salle où va se dérouler la cérémonie d’ouverture de la FabriK à DécliK d’été.

Mais au fait, c’est quoi Osons Ici & Maintenant ? Et une FabriK à DécliK ?

L’association Osons Ici et Maintenant (OIM) est née, en 2014, de l’envie de Soizic et Olivier Lenoir « d’aider et accompagner [une] jeunesse en quête de sens et d’action, dans une époque où les défis environnementaux et sociaux des territoires sont inédits ».

Elle s’est donnée pour mission de redonner aux jeunes confiance en eux et envie d’agir pour « réaliser leur potentiel et montrer de quoi ils sont capables face aux enjeux de société ». La FabriK à DécliK, ou FDK, s’inscrit pleinement dans cette optique : c’est « un festival de 3 jours pour les 16-35 ans qui veulent découvrir leur potentiel et oser ! ».

Intriguant, n’est-ce pas ? Il s’agit de prendre trois jours pour vivre une « aventure collective […] avec des figures inspirantes et acteurs du changement pour être informé des grands enjeux, débattre ensemble, proposer des solutions et passer à l’action. »

Allons voir ça de plus près !

La soirée d’ouverture permet aux participants de se rencontrer une première fois avant de se lancer directement dans le bain des trois jours le lendemain matin. Elle permet aussi à Simon, coordinateur de l’antenne Lyonnaise, et à l’équipe de OIM de présenter à nouveau l’association et la FabriK, et de donner un avant-goût de l’aventure qui va suivre. Témoignages, partages de rêves, discours inspirants… tout est fait pour mettre les participants à l’aise.

Au terme de ces deux heures, place au buffet préparé amoureusement par les bénévoles, qui seront aux petits oignons pour les participants tout au long de la FabriK !

Simples participants extérieurs, nous revenons pousser la porte de l’ESSSE le vendredi soir, pour assister cette fois-ci à la soirée de clôture de la FDK. A peine entrés, nous nous retrouvons plongés dans une ambiance très festive : concert improvisé, chants des participants qui se dirigent vers la grande salle, échanges de contacts…

Certains jeunes se concentrent dans l’écriture d’une lettre qu’ils s’adressent à eux-mêmes et qui leur sera renvoyée dans 6 mois comme une piqure de rappel, d’énergie et de motivation. Avant de prendre place, les participants tachent leur pouce d’encre pour marquer de leur empreinte la grande affiche mise à disposition : tous et toutes font ainsi partie de la grande communauté des Déclikés !

Simon prend la parole et la soirée est lancée : les équipes des six parcours montent tour à tour sur scène pour présenter le fruit de ces trois jours de FabriK. Ces restitutions collectives prennent la forme d’une chorégraphie de boxe, d’une épopée moyenâgeuse improvisée, d’un exercice de méditation, et de témoignages aussi inspirants qu’émouvants ! Quelques participants se lancent dans le pitch de leur projet entrepreneurial, muris et enrichis des expériences vécues ces derniers jours.

L’équipe de OIM se relaie au micro pour conclure l’évènement, avec un chiffre clé notamment : 83% des participants estiment avoir eu un déclic au terme de ces trois jours. Le message porté par l’équipe : la FabriK à DécliK est finie, mais ce n’est que le début des projets, des idées qui se développeront, des collaborations qui ont pu naître ces jours passés… Et justement, pour entretenir la flamme et la motivation, plusieurs apéros seront organisés au cours de l’année pour rassembler de nouveau ces jeunes décliKés.

Mais entre ces deux soirées, que s’est-il passé, concrètement, pour déclencher chez les participants une telle énergie et provoquer cette cohésion de groupe ?

Nous recueillons quelques ingrédients de cette recette -presque- magique grâce aux témoignages de deux Déclikés :

Fanny, 24 ans, en service civique au Centsept :

« La FabriK à DécliK, 3 jours intensifs ! Lors de la soirée d’ouverture, on commence par une heure d’ice-breaker pour rencontrer les autres participants, et on se demande quand même ce que l’on fait là !

Certains savent exactement ce qu’ils viennent y chercher, d’autres reviennent pour profiter de l’émulation collective, dans mon cas c’est par pure curiosité.

J’ai choisi le parcours « Innovation créative et collective », parmi 6 thèmes possibles (impro, cuisine, leadership, sport, entrepreneuriat social). En seulement 3 demi-journées, on suit l’ensemble d’un processus créatif, de l’inspiration au test d’une solution et à la rédaction de la fiche technique. On change souvent d’équipe et on apprend à avoir confiance dans l’intelligence collective.

L’après-midi est composé d’ateliers : inspiration, lâcher-prise… On a le choix entre de nombreuses activités et le plus dur c’est de choisir : on voudrait toutes les tester ! Puis on discute avec les autres participants, on échange sur ce qu’on a vécu en atelier.

Ce qui a le plus retenu mon attention ? La prévenance, l’ouverture et la gentillesse des participants.

Au bout d’un jour, on se présente aux autres participants, non pas via ce que l’on fait dans la vie (comme métier ou comme formation) mais par ce que l’on est, ce que l’on aime, ce qui nous anime.

Finalement, on ressort de là boostée ! »

 

Cédric, 21 ans, futur étudiant au cours Florent :

« L’équipe de OIM est très bien organisée, donc ça se déroule très bien du début à la fin. L’équipe est composée de personnes adorables, les participants aussi.

On choisit un parcours pendant la FDK. L’intervenant est professionnel, intéressant et sait gérer le groupe (en l’occurrence théâtre d’impro) de manière à ce que tous soient satisfaits, les profanes comme les plus aguerris.

Et puis tous les ateliers proposés à côté sont pertinents, bref…

En trois mots, ce fut cool ! »